Mon histoire [1]

Publié le par ellebasi

Je suis née en janvier 1964.

D'une maman abandonnée à la naissance, adoptée, après plusieurs placements dans des familles d'accueil, par une femme très dure qui la battait régulièrement. Cette femme était de la campagne. Elle avait perdu sa maman très jeune. C'était l'aînée. Elle a dû s'occuper de ses deux soeurs pendant que son père travaillait aux champs. Elle s'est mariée avec un homme qui travaillait aux chemins de fer. Un homme plus vieux qu'elle mais qui gagnait bien sa vie. Ils eurent un enfant. Un garçon. Sosthène. Mort à 15 ans d'une pneumonie.
Mon papa était le cadet d'une famille de quatre enfants. Deux garçons, deux fillses. Ses parents étaient des artisans. Des teinturiers. Ils avaient peu de temps à consacrer à leurs enfants. Entre l'accueil des clients et le boulot de fond, ce n'était pas facile à gérer.

Ma mère a été adoptée en même temps qu'un garçon un peu plus âgé qu'elle.
Lui aussi était battu par leur mère adoptive mais un peu moins. C'était un garçon...
À seize ans, ma mère a été envoyée en pension dans une école ménagère. C'est ce qui l'a sauvée. C'est là qu'elle a trouvé un peu de chaleur humaine. Malgré les conditions de vie étaient difficiles. C'était dans les années cinquante. Elle a noué des amitiés indéfectibles avec des filles qui avaient été adoptées, comme elle. À la mort de son père adoptif, elle a été placée dans une famille riche de la région. Elle était "bonne à tout faire" auprès d'une vieille dame riche qui s'était prise d'amitié pour elle. Les meilleures années de sa vie, d'après elle. C'est là qu'elle a tout appris. Elle était bien traitée et avait le droit de sortir si elle avait fait le boulot que l'on attendait d'elle.

À l'époque, dans le nord de la France, il y avait des salles qui se nommaient "Kursaal". Tous les samedi soirs, les jeunes de la région pouvaient venir danser au son d'un orchestre "live".

Ma mère est subjuguée par mon père. Il est tout ce qu'elle ne croit pas être. Ses parents sont riches, ils font partie des notables de la ville. Il a fait des études.

Qu'il s'intéresse à elle, la petite bonniche qui fréquente la teinturerie juste pour aller récupérer les vêtements de sa patronne, c'est un vrai conte de fées.

[...]
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Publié dans Tranches de vie

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